Amour Interdit
par Mandy
Tournai n'avait jamais été aussi belle aux yeux de Habibi. Celui-ci marchait, de plus en plus vite, gagné par l'excitation... Apercevant la photographie d'un palmier, il se prit à rêver à un voyage, un long et beau voyage... aux côtés de celle qu'il rejoignait. Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte.
Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une naive voix chanta:
- Qui est là?
- C'est Habibi! Répondit celui-ci.
- Je ne connais aucun Habibi! Dit la voix.
Il y eut un silence.
- C'est toi, Mandy? Fit Habibi.
La porte s'ouvrit soudain:
- Mais oui c'est moi, mon Habibi! Je t'ai bien eu.
Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps:
- Entre, dit-elle.
Habibi la suivit jusqu'au salon.
- Assieds-toi, fit Mandy.
Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise. Un silence s'ensuivit. Puis Mandy, qui le regardait, lança doucement:
- Alors? Tu ne m'embrasses pas?
Habibi sourit.
- Je fais durer le plaisir, dit-il.
Puis il ajouta:
- Approche...
Mandy s'exécuta, et Habibi posa sur sa bouche un baiser silencieux. Puis un autre. Encore un.
- Je...
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer, puisque Habibi la gratifia cette fois d'un long et tendre baiser. Quand cela fut terminé, Mandy sourit.
- C'est toi qui embrasses le mieux de tous mes amants, dit-elle.
- Petite dévergondée, rit Habibi.
Ils se regardèrent. Habibi approcha sa bouche de l'oreille de Mandy et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Cela fait déjà un mois... un mois que nous nous sommes vus... un mois que la foudre m'a frappé... et bien que j'aie eu d'autres aventures avant de te connaître, je t'aime cent fois plus que toutes les autres femmes réunies.
- Il en est de même pour moi, mon chéri, déclara Mandy. Personne ne pourra remplacer ton si tendre sourire. Tu es unique, grâce à plein de petites choses. Personne n'a ta démarche, Personne n'a tes cheveux. Personne n'imite aussi bien que toi le cri du chien. Personne ne connait l'histoire de Tournai aussi bien que toi. Personne à part toi ne m'a jamais dit que j'étais stupide. Bref, personne à part toi ne mérite d'être dans mon coeur.
- Ma puce... Mandy...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un saule, en train de aimer à l'air libre. Près d'eux, Nala chantait ''Tout Serrais Parfais Si Le Monde était Un Monde De Paix Comme Il Ne L'est Jamais Je Le Laisse Au Autre Nous Créerons Le Notre Je Connais Le Doutes Les Pleurs La Peur Je Sais Qu'un Jour Notre Amour Guidera Nos Pas Toujours Si Toi Tu Es Pres De Moi La Nuit Fera Place Au Jour Tout S'éclaireras Puisque Tu Es La L'amour Nous Guideras Toujours L'amour Nous Guideras'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Habibi fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Van Gohg, Mandy réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Habibi rouvrit les yeux.
- Je voudrais t'épouser, dit Habibi.
Mandy tressaillit.
- Pardon?
- Je t'aime. Leurs lèvres tremblaient.
- JE t'aime aussi! Murmura-t-elle.
Toute la nuit, ils restèrent enlacés, à parler, ou à s'embrasser.
- Je t'ai déjà parlé de Ludo? Demanda Habibi.
- Non.
- Il m'a dit un jour que je ne pourrais jamais séduire qui que ce soit, même une folle.
- Il ne faut pas écouter ce genre d'idioties... comment pouvait-il te dire ça, à toi, qui es si... parfait!
- Tu ne le connais pas. Sa bêtise dépasse l'entendement.
- Je veux bien te croire!
Dans un sourire, un souffle, un battement de cils, ils se dirent ''je t'aime''. Ce sourire brille encore au fin fond des étoiles... ce souffle chante encore dans les hautes couches de l'atmosphère... ce battement de cils scintille toujours quelque part. Ils s'aiment.